Ethnologie et Anthropologie

ethnologie du don par david graeber

Les Trois Logiques du Don

Par ses travaux fondateurs, Marcel Mauss a montré l'importance du don, parmi les transactions économiques qui ont cours au sein des sociétés humaines. David Graeber poursuit cette analyse. Il avance que ...
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transe ethnologie possession chamanisme fonctionnalisme

Transe et Possession : Approches Ethnologiques

La transe et la possession envisagées comme phénomènes sociaux se prêtent à différentes interprétations : symbolique, structuraliste, fonctionnaliste, ethno-psychologique... Erika Bourguignon et Ioan Lewis en proposent deux études comparatives et d'inspiration ...
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le chaman une approche ethnologique

Le Chaman au regard de l’Ethnologue

Le terme chaman(e) ou shaman(e) vient de la langue des Evenks, communauté appartenant aux peuples sibériens Toungous. Dans cette société, l'appellation fait référence a une personne dotée de l'aptitude à ...
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le pastoralisme se comprend par recours au capital symbolique de pierre bourdieu

Pastoralisme et Capital Symbolique

Pendant longtemps, le pastoralisme nomade d'Afrique du Nord a été abordé d'un point de vue économiste. Les observateurs en déduisaient que les éleveurs étaient affligés d'un "complexe du bétail". Leur ...
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kar polanyi ethnologie économie de marché

La Tromperie de l’Économicisme

L'économie dite "classique" s'est développée en étudiant un système économique parmi d'autres : le système fondé sur l'échange de marché. Karl Polanyi appelle "tromperie économiciste" , la tendance à généraliser abusivement ...
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sur secession anthropologie et sociologie de l'individualisme chrétien

Aux origines de l’individualisme moderne

Les seules variétés d'êtres humains que l'on puisse différencier, écrit Louis Dumont, sont des variétés sociales. A ce titre, l'individualisme moderne, colore fortement la variété d'humains que nous sommes. Bien ...
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Féminin et masculin L'anthropologue Françoise Héritier a étudié les grands invariants dans le traitement culturel

Penser le féminin et le masculin

Comment est pensée la différence entre féminin et masculin, à travers le Monde? L'ethnologue Françoise Héritier expose les grands invariants qui sous-tendent le préjugé de l'inégalité des sexes. La suprématie ...
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symbolique-secession-sociologie

L’efficacité symbolique du chamanisme

Les symboles jouent un rôle fondamental dans les relations de l'être humain à son environnement et à son prochain. A travers l'exemple de la cure chamanique, les ethnologues formulent des ...
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Le sociologue Pierre Clastres

Le chef est un faiseur de paix: anthropologie politique

Dans les sociétés à États qui sont les nôtres, les gouvernants peuvent s'adosser à la violence pour imposer leurs décisions. Il en va tout autrement, dans les sociétés indiennes d'Amérique ...
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Ethnologie et autres dénominations

De l'ethnologie, on peut dire en première approximation qu'elle s'intéresse de manière privilégiée aux sociétés et aux faits culturels, dans leur diversité.

Le terme anthropologie est plus ancien. Son utilisation a été relevée par Alfred Haddon (1910), chez Aristote et d'autres auteurs grecs. A la période de l'Aufklärung, Kant l'emploie à nouveau. Il désigne le projet d'une science empirique qui a pour objet les différentes manifestations de la vie humaine.

Dans la tradition anglo-saxonne, l'anthropologie sociale et culturelle prennent les définitions de sciences qui portent respectivement sur les groupements humains et leurs cultures (Alfred Kroeber, 1948). En France, en revanche, l'appellation voit son sens se réduire. Dès le 19ème siècle, elle ne désigne plus que l'anthropologie physique.

Sous l'impulsion d' Émile Durkheim (1858-1917), c'est le terme sociologie qui est proposé pour nommer le projet de réflexion globale et comparative, sur les sociétés humaines. A la même époque, la vision dualiste s'affirme, entre sociétés modernes et traditionnelles. Dans la perspective ethnocentrique des Européens, les sociétés "autres" (africaines, asiatiques, amérindiennes...) sont souvent inscrites au registre de la tradition.

Une partition s'établit entre l'ethnologie qui étudie les communautés "autres" et la sociologie qui s'intéresse aux sociétés de la modernité, différenciées et de grandes dimensions. Marcel Mauss (1872-1950), neveu et collaborateur de Durkheim, bien que s'étant toujours présenté comme sociologue (le terme d'ethnie véhicule selon lui des connotations douteuses) fonde l'Institut d'ethnologie de Paris en 1925.

A partir des années 1930, les premiers ethnologues français (Marcel Griaule, Germaine Dieterlen, Germaine Tillion, André Haudricourt, Georges Devereux...), formés par Mauss, commencent à réaliser des enquêtes de terrain prolongées, en Afrique et en Asie. Notons qu'en Allemagne et dans les pays de langue anglaise, cette approche était déjà établie, depuis le début du siècle : notamment grâce à Franz Boas, Alfred Radcliff-Brown, Bernarhdt Ankermann ou Leo Froebenius.

Vers le milieu du 20ème siècle, l'ethnologie française connaît un tournant. Georges Balandier étudie les mutations sociales, dans l'Afrique de la décolonisation. Pour tenter d'assumer à la fois l'appréhension des dynamiques sociales et du comparatisme culturel, il utilise les termes de sociologie et d'anthropologie. Claude Lévi-Strauss qui veut aussi marquer sa rupture avec la tradition ethnologique (introduction des apports de la linguistique structurale, de la psychanalyse...) forge l'appellation d'anthropologie structurale.

Dans un ouvrage, publié à la fin des années 1990, Françoise Héritier, avance que l'usage français à deux termes (ethnologie, ethnographie) a finalement évolué vers un usage à trois termes.

L'ethnographie désignerait avant tout un travail descriptif. Celui-ci peut porter sur une population ou sur un phénomène bien délimités. On peut faire l'ethnographie d'un groupe (une équipe de football), d'une communauté de vie (un village montagnard du Haut-Atlas). Mais l'ethnographie aborde aussi les techniques ou les comportements sociaux (la construction des maisons, la fabrication du pain, les formes de salutations...) pris dans une aire géographique donnée ou dans le Monde entier. Dans tous les cas, il s'agit avant tout de collecter ou de recenser des données et des descriptions.

Quant à l'ethnologie, elle consisterait davantage en un travail d'analyse, le plus exhaustif possible, portant sur une communauté sociale. L'enquête de terrain est un pré-requis indispensable du travail d'ethnologue. Elle doit permettre d'approcher tous les aspects touchant au fonctionnement social, aux techniques, aux modes de vie et à l'univers symbolique. L'ethnologie permet de dresser un tableau intégré de la société étudiée.

L'anthropologie, enfin, se donnerait la tâche ambitieuse d'arriver à formuler des lois générales ou des modèles d'intelligibilité de pratiques sociales données. Ainsi Françoise Héritier tente de mettre au jour les grands invariants de la pensée qui sous-tendent la domination masculine, dans les sociétés humaines. Pour ce faire, elle use du comparatisme et s'appuie sur les travaux issus de l'ethnographie et de l'ethnologie.