Critique sociale

neoliberalisme societe sociologie michéa

L’Individu, la Liberté et le Marché

Le travail de Jean-Claude Michéa se situe sur le plan philosophique. Il décrit la trajectoire qui partant des idées fondatrices du libéralisme politique et économique conduit aux impasses du néolibéralisme ...
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reconniassance et théorie de la justice dans la critique sociale de nancy fraser

De la Reconnaissance à la Parité de Participation

En partant d'une réflexion sur la question de la reconnaissance, Nancy Fraser aboutit à une conception de la justice sociale qui est fondée sur le principe de la parité de ...
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schizophrénie socioogie sociétés capitalistes réchauffement climatique

Sociologie de la Schizophrénie et Réchauffement climatique

Georges Devereux (1908-1985) affirme que la civilisation moderne souffre d’une forme de schizophrénie socio-politico-économique. Celle-ci serait due à un manque de réalisme et à une tendance aux extrapolations hâtives. Sa ...
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foucault dmet au jour les mécanismes de pouvoir que sont l'examen et les disciplines

Régime de savoir-pouvoir des sociétés disciplinaires

Dans "Surveiller et punir", Michel Foucault s'intéresse aux mécanismes de pouvoir, dans le cadre des sociétés disciplinaires. C'est ainsi que le philosophe dénomme les sociétés qui apparaissent en Europe occidentale, ...
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fatigue sociologie secession

Fatigue de soi ou société de la fatigue?

Les slogans de la société néolibérale déclinent les thèmes de la "réalisation de soi" et de la performance. Ces invitations permanentes à s'inventer ou à se construire sont en adéquation ...
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entrepreneur sociologie secession

Capital Humain : le nouveau sujet néolibéral

L'extension du marché à toutes les dimensions de la vie humaine constitue le versant le plus notoire du projet néolibéral. Le façonnement des personnes en "entrepreneur de soi" en constitue ...
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hommes infâmes sociologie secession

Pouvoir du numérique : la leçon des hommes infâmes

A partir de petits textes issus d'archives de l'administration royale (18ème siècle), Michel Foucault file une réflexion sur l'articulation entre le discours, le quotidien et le pouvoir. Ses conclusions demeurent ...
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La raison mutilée

La marchandisation généralisée conduit à un amoindrissement de la pensée rationnelle. Selon T.W. Adorno, nous pouvons résister à ce processus de mutilation de la raison, en préservant notre capacité d'imitation ...
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Nietzsche élève l'affirmation et la contemplation au rang de valeur de la vie bonne, contre le travail

Nietzsche : contemplation contre travail

Depuis la seconde moitié du 19ème siècle, le travail s'est imposé comme valeur dominante qui donne du sens à l'existence humaine. Pour Nietzsche, au contraire, ce sont la contemplation et ...
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Le sociologue Axel Honneth analyse les enjeux autour du mépris et de la reconnaissance sociale dans les sociétés capitalistes

Enjeux autour du mépris et de la reconnaissance sociale

L'usage du mépris est généralement considéré comme moralement injuste. Le philosophe Axel Honneth a analysé les enjeux qui se nouent autour du mépris social dans les sociétés néolibérales. La charge ...
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A propos de la critique sociale

La critique sociale combine deux approches.

D'une part, elle tente d'analyser l'ordre social tel qu'il s'actualise dans nos sociétés. D'autre part, elle réfléchit aux formes d'organisation sociale qui lui semblent les plus souhaitables pour les individus. Précisons que l'objet de la théorie critique correspond au monde social pris dans sa globalité et non pas à des aspects particuliers de ce dernier (comme les mesures sur le commerce international ou sur l'organisation de l'assurance santé...).

La critique sociale cherche plus particulièrement à éclairer les phénomènes sociaux qui entravent les possibilités de mener une vie bonne, pour les individus. A ce titre, les mécanismes d'aliénation, de réification, de domination ou d'exploitation sont largement étudiés. La question du pouvoir et de ses modes d'actualisation est elle aussi centrale.

Mais comme nous l'avons déjà dit, la critique sociale implique d'aller au-delà des constats factuels. Sa démarche inclut aussi une réflexion éthique. La critique proprement dite vient même après ce questionnement. Cette réflexion est éthique au sens premier du mot. C'est-à-dire qu'elle se demande ce qu'est une vie bonne et quelles sont les conditions concrètes de sa réalisation.

L'approche critique envisagée à travers trois exemples.

Le marxisme est sans doute le paradigme qui fut le plus prolifique dans la tradition de la critique sociale. Pour Karl Marx, l'être humain ne peut se réaliser pleinement que par le processus du travail autodéterminé. Or son analyse du capitalisme l'amène à la conclusion que cette forme d'organisation sociale prive l'être humain de la perspective de mener une vie bonne.

En effet, Marx considère que les gens qui sont réduits à vendre leur force de travail pour subvenir à leurs besoins, perdent tout contrôle sur leur activité et sur leur vie. Ils sont quatre fois aliénés. Ils sont entravés dans la réalisation de leurs qualités humaines. Et, ils deviennent étrangers au produit de leur travail, à leur propre personne ainsi qu'à tous les autres humains.

Jürgen Habermas continue le projet de Marx d'identification des principales sources d'aliénation. Plus précisément, il met au jour celles qui freinent les individus ou les groupes dans l'expression de leurs intérêts ou de leurs aspirations. A partir du constat factuel de la perte d'autonomie des individus, au sein des sociétés modernes, il définit la tâche centrale de la critique sociale. Il s'agit de promouvoir une forme d'organisation sociale qui garantisse à ses membres la capacité d'auto-détermination.

A cet effet, Habermas fonde une éthique de la communication. Cette éthique doit permettre aux individus et aux groupes d'entreprendre un véritable processus de délibération collective et de rendre possible l'émergence du consensus.

Axel Honneth, autre grande figure de la critique sociale, envisage aussi l'être humain comme un être moral qui est tendu vers la réalisation de soi. S'appuyant sur la relecture de G.W. Hegel et de G.H. Mead, il postule que cette réalisation passe par la reconnaissance d'autrui. A l'inverse, le mépris social résulte pour les individus ou les groupes stigmatisés, dans une pression externe aussi bien qu'interne.

D'une analyse des sociétés actuelles, Honneth retire la conclusion qu'elles sont en voie de réification ou de marchandisation généralisée. L'idéal d'auto-réalisation de l'individu, qui est issu du romantisme et qui s'est développé jusqu'au milieu du 20ème siècle, a été travesti par le capitalisme en réalisation de soi par le travail.

Les gens qui refusent d'adhérer à ce programme s'exposent au mépris social. Leur capacité à participer à un projet global de société leur est dénié. Pour Honneth, l'abolition de cette inégalité statutaire dépend de l'émergence de mouvements sociaux. Cette émergence repose elle-même sur la capacité des individus à interpréter leur manque de reconnaissance personnelle en termes collectifs.